La pizza a la réputation d'être le plat le plus rentable de la restauration. C'est vrai pour la matière première : farine, tomate et fromage coûtent peu au regard du prix de vente. Mais une pizzeria ne vit pas du coût matière, elle vit de sa marge réelle, une fois payés le pizzaiolo, le four, le loyer, les boîtes et les pâtons jetés en fin de service.
Ce guide reprend le calcul de bout en bout avec des chiffres réels : les prix de gros du jour négociés par Foodomarket, le groupement d'achat des restaurateurs indépendants, auprès de ses fournisseurs en Île-de-France. Vous verrez où se cache la marge d'une pizza, et pourquoi le levier le plus rapide n'est pas en cuisine mais dans vos achats : payer le fromage, la farine, la tomate et les boîtes au prix des grands groupes, même avec le volume d'une pizzeria de quartier.
Coût matière, coût de revient, food cost : trois notions à ne pas confondre
- Le coût matière (ou coût portion) est le prix des ingrédients qui entrent dans une pizza, pertes de préparation comprises. C'est ce que calcule une fiche technique.
- Le ratio matière (on parle aussi de food cost) rapporte ce coût au prix de vente hors taxes : coût matière ÷ prix HT. Il se calcule par pizza, puis pour toute la carte.
- Le coût de revient complet ajoute tout ce qui permet de produire et de vendre la pizza : main-d'œuvre, énergie, emballage, loyer, assurances, commissions de livraison, frais bancaires. C'est lui qui dit si une pizza fait gagner de l'argent.
Le coefficient multiplicateur est l'inverse du ratio : prix de vente HT ÷ coût matière. Une pizzeria qui raisonne en coefficient applique souvent le même multiplicateur à toutes ses pizzas, ce qui est une erreur classique (on y revient plus bas).
Le coût matière d'une margherita, ingrédient par ingrédient
Voici une margherita classique, chiffrée aux prix de gros du jour négociés par Foodomarket : une pâte à base de farine T00, une sauce tomate prête à l'emploi, du fromage à pizza 100 % mozzarella, un filet d'huile d'olive et quelques feuilles de basilic.
| Pizza margherita | Quantité | Prix de gros HT | Coût |
|---|---|---|---|
| Farine T00 | 160 g | 1,19 €/kg | 0,19 € |
| Sauce tomate pizza | 90 g | 1,73 €/kg | 0,16 € |
| Mozzarella | 125 g | 5,09 €/kg | 0,64 € |
| Huile d'olive | 1 cl | 10,80 €/L | 0,11 € |
| Basilic (botte) | 0,2 pièce | 0,53 €/pièce | 0,11 € |
| Coût matière d'une portion | 1,20 € | ||
Total : 1,20 € HT de matière première. Les grammages sont ceux d'une pizza d'environ 30 cm : adaptez-les à votre pâton et à votre style dans le calculateur de food cost, qui reprend cette recette avec les prix pré-remplis.
Trois remarques de métier sur ce tableau :
- La farine est comptée à sec. L'eau, le sel et la levure ne coûtent presque rien ; un pâton d'environ 250 g contient un peu plus de 150 g de farine selon l'hydratation.
- La sauce se dose à la louche, pas à l'œil. Une louche calibrée par diamètre de pizza évite les écarts d'un pizzaiolo à l'autre.
- Le fromage se pèse. C'est le poste le plus cher : quelques grammes de plus par pizza suffisent à déplacer le coût matière de toute la carte.
Le fromage : le premier poste, et de loin
Le fromage représente 53 % du coût matière de la margherita, la farine 16 %, la sauce tomate 13 %, l'huile d'olive 9 % et le basilic 9 %. Autrement dit, négocier la farine fait gagner des centimes, négocier le fromage fait gagner des euros à chaque service. C'est précisément sur ce poste qu'une pizzeria indépendante, seule face à son crémier, a le moins de poids… et qu'un groupement d'achat fait la plus grosse différence.
Le choix de la mozzarella est d'abord un choix de produit, ensuite un choix de prix :
- Le fromage à pizza 100 % mozzarella (en lamelles, râpé ou en pain) est conçu pour le four : peu d'eau, un filant régulier, un dosage facile. C'est la base économique de la plupart des pizzerias.
- La fior di latte apporte plus de goût et de fondant. Plus humide, elle s'égoutte et se coupe à l'avance pour ne pas détremper la pâte.
- La mozzarella di bufala et la burrata se réservent aux pizzas signatures, souvent ajoutées à la sortie du four, et se vendent plus cher.
Méfiez-vous des « préparations » à base de matières grasses végétales vendues comme alternatives bon marché : elles ne peuvent pas porter la dénomination fromage, et les présenter comme de la mozzarella sur la carte tromperait vos clients.
Comparez toujours au kilo, à humidité comparable : une mozzarella moins chère mais plus aqueuse rend de l'eau à la cuisson, ce qui oblige à en mettre davantage pour le même résultat.
La pâte : peu chère, mais pleine de coûts cachés
La farine coûte peu au kilo, mais la pâte concentre des coûts qui n'apparaissent pas sur la facture du meunier :
- La force de la farine conditionne la maturation. Une farine plus « forte » supporte des pointages longs au froid (de 24 à 72 heures), qui améliorent le goût et la digestibilité ; elle coûte un peu plus cher et immobilise de la place en chambre froide.
- L'hydratation varie selon le style, de l'ordre de 55 à 70 % du poids de farine. Plus d'eau, c'est une pâte plus légère, mais aussi plus délicate à travailler et davantage de pâtons ratés pour une équipe débutante.
- Les pâtons non utilisés sont la première source de perte d'une pizzeria. Une pâte faite trop large chaque jour, c'est de la farine, de la levure et du temps de travail à la poubelle.
- La régularité : peser les pâtons au gramme, c'est garantir le même diamètre, la même cuisson et le même coût.
La sauce tomate : prête à l'emploi ou maison
Deux écoles coexistent. La sauce pizza prête à l'emploi, déjà assaisonnée, garantit un goût constant et un gain de temps. La sauce maison, à partir de tomates pelées ou de pulpe, se travaille au goût de la maison (sel, huile, basilic, origan) et coûte souvent moins cher au kilo, au prix d'un peu de main-d'œuvre. Dans les deux cas, ce sont des conserves de longue conservation : achetez-les en grands formats si votre stockage le permet, et comparez au kilo net.
Trois pizzas, trois coûts matière
Chiffrer la seule margherita ne suffit pas : chaque garniture change l'équation. Voici trois pizzas de carte, aux mêmes prix de gros :
| Recette | Coût matière HT | Prix de carte TTC | Ratio matière |
|---|---|---|---|
| Pizza margherita | 1,20 € | 11 € | 12 % |
| Pizza végétarienne | 1,34 € | 12 € | 12 % |
| Pizza 4 fromages | 1,77 € | 13 € | 15 % |
La 4 fromages coûte nettement plus cher en matière (1,77 € HT) parce que le gorgonzola, le chèvre et le grana padano coûtent bien plus cher au kilo que le fromage à pizza. Son ratio matière reste pourtant raisonnable (15 %) parce qu'elle se vend plus cher, et sa marge brute en euros (10,05 € HT) dépasse celle de la margherita (8,80 € HT). C'est la leçon principale de l'ingénierie de carte : une pizza au ratio plus élevé peut rapporter davantage par couvert. Et plus une recette contient de fromages, plus le prix d'achat de ces fromages pèse sur sa marge.
La végétarienne illustre l'autre piège : les légumes frais pèsent peu en euros, mais ils ont des pertes (parage, épépinage) et une durée de vie courte. Achetés en trop grande quantité, ils finissent à la poubelle, et la pizza la moins chère sur le papier devient coûteuse en pratique.
| Pizza 4 fromages | Quantité | Prix de gros HT | Coût |
|---|---|---|---|
| Farine T00 | 160 g | 1,19 €/kg | 0,19 € |
| Sauce tomate pizza | 70 g | 1,73 €/kg | 0,12 € |
| Mozzarella | 90 g | 5,09 €/kg | 0,46 € |
| Gorgonzola | 30 g | 10,79 €/kg | 0,32 € |
| Chèvre (bûche)(perte 5 %) | 30 g | 11,72 €/kg | 0,37 € |
| Grana padano | 15 g | 16,67 €/kg | 0,25 € |
| Huile d'olive | 0,5 cl | 10,80 €/L | 0,05 € |
| Coût matière d'une portion | 1,77 € | ||
Ce que l'inflation a changé en un an
Sur un an, d'octobre 2025 à octobre 2026, les prix de gros des fruits et légumes ont évolué de +10,7 %, selon l'indice Foodomarket des prix de gros : +14,0 % pour les légumes, +10,0 % pour les fruits. Pour une pizzeria, ce sont les légumes de garniture qui exposent le plus le coût matière : poivrons, champignons, oignons ou tomates fraîches varient d'un mois à l'autre, quand la farine et les conserves de tomate, achetées en grand format, bougent généralement beaucoup moins.
Prix de gros sur un an · d'octobre 2025 à octobre 2026
+10,7 %
Fruits et légumes
+14,0 %
Légumes
+10,0 %
Fruits
Plus fortes hausses : tomate ananas (+88,0 %), tomate (+83,4 %), tomate coeur de boeuf (+81,0 %).
Toute l'inflation des fruits et légumes →Deux réflexes en période d'inflation : composer les pizzas du moment avec les légumes en baisse, que le baromètre mensuel liste chaque mois, et refaire le calcul du coût matière au moins chaque trimestre. Le détail produit par produit est sur notre page inflation des fruits et légumes.
Le premier levier : acheter au prix des grands groupes avec Foodomarket
Tout ce qui précède suppose un prix d'achat. Or c'est là que se joue l'écart le plus important entre une pizzeria indépendante et une chaîne : à recette identique, la chaîne paie son fromage, sa farine et ses boîtes moins cher, parce qu'elle achète pour des dizaines de points de vente.
Foodomarket supprime cet écart. En tant que groupement d'achat, il mutualise les volumes de plus de 5 000 restaurants et négocie avec plus de 150 fournisseurs reconnus (Rungis, MIN, crémiers, épiciers, emballages), qui livrent directement votre établissement. Concrètement :
- Les mêmes prix négociés que les grands groupes de restauration, quel que soit votre volume, sur les postes qui comptent : fromages, farines, tomate, huile d'olive, charcuterie, boîtes.
- Gratuit, sans abonnement, sans engagement, sans marge intermédiaire. Vous payez vos commandes aux prix négociés, rien d'autre.
- Des prix visibles avant de vous engager. Les prix de gros du jour sont consultables sans inscription sur la mercuriale : comparez-les ligne à ligne avec vos factures.
- Un audit gratuit de vos achats. Un conseiller reprend vos dernières factures et chiffre, poste par poste, ce que vous paieriez aux prix négociés.
- Des prix facturés contrôlés : Foodomarket vérifie que le fournisseur facture bien les prix négociés.
Les conditions de commande sont, elles aussi, adaptées à une pizzeria. La moitié des commandes passées via Foodomarket se font chez des fournisseurs dont le minimum ne dépasse pas 150 € HT, pour un panier médian de 229 € HT. En fruits et légumes, ce minimum tombe à 50 € HT pour la moitié des commandes : vous pouvez acheter vos légumes de garniture plus souvent, en plus petites quantités, et jeter moins.
Du coût matière au prix de vente
Le calcul se fait en trois temps :
- Fixez votre ratio matière cible, en fonction de votre concept et de vos charges : une pizzeria de quartier à loyer modéré ne vise pas le même ratio qu'une pizzeria napolitaine en centre-ville.
- Prix HT conseillé = coût matière ÷ ratio cible. Arrondissez ensuite à un prix lisible pour le client.
- Prix TTC = prix HT × 1,10. Les pizzas servies sur place, comme celles vendues à emporter pour une consommation immédiate, relèvent du taux de TVA de 10 %.
Vérifiez ensuite la cohérence de la carte. Appliquer le même coefficient à toutes les pizzas fait grimper le prix des pizzas aux garnitures chères au point de les rendre invendables, et laisse de la marge sur la table pour les pizzas simples. Raisonnez plutôt en marge brute en euros : c'est elle qui paie les charges, pas le pourcentage.
Les boissons, les desserts et les suppléments (burrata, jambon cru, œuf) sont souvent les vrais leviers de marge d'une pizzeria. Chiffrez les suppléments comme des recettes à part entière : un supplément vendu trop peu cher peut coûter plus qu'il ne rapporte.
Le coût de revient complet : répartir les charges sur chaque pizza
Le coût matière ne dit rien de la rentabilité tant qu'on ne lui ajoute pas les charges. La méthode la plus simple consiste à additionner les charges mensuelles, puis à les diviser par le nombre de pizzas vendues.
C'est aussi la façon de calculer le seuil de rentabilité d'une pizzeria : divisez vos charges fixes mensuelles par la marge brute moyenne d'une pizza (prix HT moins coût matière). Vous obtenez le nombre de pizzas à vendre chaque mois pour couvrir vos frais. Chaque centime gagné à l'achat augmente cette marge brute et fait baisser le seuil.
Pertes et gaspillage : là où la marge s'évapore
- Les pâtons non utilisés : prévoyez la production à partir de l'historique des ventes par jour de la semaine, pas « au cas où ».
- Le surdosage : 10 g de fromage en trop sur 2 500 pizzas, ce sont 25 kg de fromage par mois. Une balance au poste de garnissage se rembourse vite.
- Les pizzas refaites : une pizza brûlée ou mal comprise à la prise de commande coûte deux fois sa matière.
- Les produits frais oubliés : légumes, mozzarella fraîche et charcuterie ont des dates courtes. Rangez en « premier entré, premier sorti », faites un inventaire hebdomadaire des produits chers, et commandez plus souvent en plus petites quantités, ce que permettent des minimums de commande bas.
- Les écarts d'inventaire : comparez chaque mois la consommation théorique (fiches techniques × ventes) et la consommation réelle (stock de début + achats − stock de fin). L'écart mesure vos pertes invisibles.
À emporter et en livraison : la boîte et les commissions
Pour une pizza qui sort de la pizzeria, la boîte s'ajoute à chaque commande. Rapportée au coût matière d'une margherita, elle n'a rien d'un détail : comparez son prix à la pièce avec le total de la fiche technique, choisissez le diamètre au plus juste de votre pâte, et achetez-la comme le reste, au prix négocié par le groupement.
En livraison via une plateforme, la commission prélevée sur chaque commande pèse souvent plus lourd que tout le coût matière. Beaucoup de pizzerias pratiquent un prix spécifique pour la livraison ; dans tous les cas, faites le calcul de marge commande par commande, commission et boîte comprises. Plus votre coût d'achat est bas, plus vous gardez de marge après commission.
Sur place, la vaisselle jetable n'a plus cours : depuis le 1er janvier 2023, la loi anti-gaspillage (AGEC) impose aux établissements pouvant accueillir au moins 20 convives de servir les repas consommés sur place dans de la vaisselle réutilisable. Le jetable reste autorisé pour l'emporter et la livraison.
Dix leviers pour baisser le coût d'une pizza
- Acheter au prix des grands groupes en rejoignant un groupement d'achat : avec Foodomarket, c'est gratuit, sans engagement, et cela concerne d'un coup le fromage, la farine, la tomate, l'huile et les boîtes.
- Faire auditer vos factures gratuitement pour savoir, poste par poste, combien vous payez au-dessus du prix négocié.
- Peser le fromage et les garnitures au poste de garnissage, avec des grammages écrits pour chaque pizza.
- Calibrer les louches de sauce par diamètre.
- Peser les pâtons et produire la pâte selon les ventes prévues.
- Choisir une farine adaptée à votre maturation, plutôt que la plus chère ou la moins chère.
- Jouer la saison sur les garnitures de légumes : le baromètre des prix de gros montre chaque mois les produits en baisse.
- Acheter les produits secs en grands formats (farine, conserves de tomate, huile) si votre stockage le permet.
- Chiffrer chaque recette de la carte, suppléments compris, et revoir le prix des pizzas dont la marge en euros est trop faible.
- Mesurer l'écart d'inventaire chaque mois, et commander plus souvent en plus petites quantités (voir notre guide sur les minimums de commande).
Les erreurs les plus fréquentes
- Accepter les prix de son fournisseur sans jamais les comparer, en croyant qu'il faut du volume pour obtenir de bons prix. Avec un groupement d'achat, c'est le volume de tous les adhérents qui compte.
- Calculer le coût matière une fois pour toutes. Le fromage, l'huile d'olive et les légumes bougent d'un mois à l'autre : refaites le calcul au moins chaque trimestre.
- Oublier les pertes dans les fiches techniques (parage des légumes, égouttage de la fior di latte, pâtons ratés).
- Raisonner uniquement en pourcentage et délaisser les pizzas qui rapportent le plus en euros.
- Comparer les fournisseurs au colis plutôt qu'au kilo net.
- Oublier la boîte et la commission dans le prix de la vente à emporter et de la livraison.
En résumé
Le coût de revient d'une pizza se construit en trois couches : le coût matière, dominé par le fromage ; les pertes ; les charges, qui se diluent avec le volume. Sur les deux dernières, la marge de manœuvre est réelle mais lente. Sur la première, elle est immédiate : payer ses matières premières au prix des grands groupes.
C'est exactement ce que fait Foodomarket pour les pizzerias indépendantes : les mêmes prix négociés que les chaînes, quel que soit votre volume, chez plus de 150 fournisseurs livrés en direct, gratuitement et sans engagement. Comparez vos prix d'achat à la mercuriale du jour, puis demandez votre audit gratuit.
Pour aller plus loin : les fournisseurs pour pizzerias, le guide choisir un groupement d'achat et le coût de revient d'un burger.
Payez votre mozzarella, votre farine et vos boîtes au prix des grands groupes : comparez les prix de gros négociés par Foodomarket et demandez votre audit gratuit.
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